Le défi des Grandes guerres
Voici quelques informations historiques qui complèteront votre expérience ou qui éclairciront certaines libertés prises pour que l’histoire et nos énigmes se rejoignent.
Frederick George Scott - Son histoire et sa famille
Frederick George “Canon” Scott (Montréal, 1861 – Québec, 1944) arrive à Québec en 1896 pour devenir recteur de l’église anglicane St. Matthew’s. Il avait épousé Amy Brooks en 1887 et le couple a eu sept enfants. L’un de ceux-ci, Charles, est décédé à l’âge de 9 ans au tournant du 20e siècle. Les autres ont tous atteint l’âge adulte. Un portrait de F. G. Scott (comme on voit ici à droite) était caché dans le livret du jeu.
Dès la fin du 19e siècle, Scott écrit de nombreux poèmes qui lui sont inspirés par son fort attachement à l’empire britannique, son patriotisme, sa forte dévotion chrétienne, de même que par son amour de la nature, des grands espaces et de la région de Québec. Il a publié 13 livres de poésie pendant sa carrière et a été surnommé le « poète des Laurentides » (Poet of the Laurentians).
En 1914, à l’âge de 53 ans, Scott se joint au 8th Regiment « Royal Rifles » pour participer à l’effort de guerre du Canada pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il s’enrôle en tant qu’aumônier et terminera la guerre avec le rang de major et le titre d’aumônier de toute la 1re Division du Canada.
Le régiment de Scott (8th Regiment « Royal Rifles ») est fondé à Québec en 1862. Les soldats du régiment participeront notamment à la guerre des Boers (1899-1902), ainsi qu’aux deux guerres mondiales. Le régiment a été réduit à effectif nul en 1966.

William B., Henry H. et Elton, les trois plus vieux fils de Scott, ont aussi participé à la Première Guerre mondiale. William sera gravement blessé à un œil et renvoyé au Canada en juillet 1915 où il deviendra avocat puis juge, notamment juge en chef de la cour supérieure du Québec. Henry sera mortellement blessé le 21 octobre 1916 pendant la bataille de la Somme. Elton joint l’artillerie canadienne en 1916 et deviendra révérend anglican dans les Cantons-de-l’Est puis à Toronto.
C’est à son retour que Scott publie ses mémoires de la guerre. Intitulé The Great War as I Saw It, ce livre paraît en 1922 et offre un regard fort émouvant sur la vie au front.
En 1924, Scott participe réellement à l’inauguration de la Croix du Sacrifice. Alors dédiée aux soldats qui ont fait l’ultime sacrifice pendant la Première Guerre mondiale, des cérémonies subséquentes ajouteront des mentions pour les soldats qui ont combattus durant la Deuxième Guerre mondiale de même que durant la Guerre de Corée.
En 1939, alors que les premiers coups de feu de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945) se font entendre, Scott retourne voir son régiment et offre ses services. Il a 78 ans. L’armée ne retient pas son offre et Scott devra rester à Québec sans pouvoir aller servir avec son régiment.
En 1941, après une année difficile dans sa vie personnelle qui se termine par l’anéantissement de son régiment lors de la bataille de Hong Kong, Scott décide de venir graver et peindre une pierre sur les plaines d’Abraham, un lieu qui lui est cher à Québec. C’est ce monument qui a longtemps été entretenu par la CCBN qui est aujourd’hui encore visible en été, près du kiosque Edwin-Bélanger.
Du 17 au 24 août 1943, la ville de Québec accueille une conférence des dirigeants alliés de la Deuxième Guerre mondiale. Ayant pour nom de code QUADRANT, cette conférence regroupe le président américain Franklin D. Roosevelt, le premier ministre anglais Winston Churchill, le premier ministre canadien W. L. Mackenzie King et leurs états-majors. Les plans de l’invasion de la Normandie en juin 1944 (Operation OVERLORD) ont débuté lors de cette conférence.
Quelques anecdotes supplémentaires
L’histoire du fusil Ross commence pendant la guerre des Boers (Afrique du Sud, 1899-1902) alors que la Grande-Bretagne ne voulait pas fournir de fusils Lee-Enfield aux troupes canadiennes. Développés et assemblés à Québec, les fusils Ross étaient réputés très précis, mais plutôt fragiles dans les tranchées. Leurs problèmes persistants ont poussé l’armée canadienne, qui avait équipé ses soldats avec des fusils Ross au début de la Première Guerre, à revenir aux fusils Lee-Enfield en 1916.
Les cibles auxquelles le jeu fait référence étaient de véritables cibles pour vérifier, notamment la précision des fusils sur les Plaines et le comportement de munitions.
Le canon situé à la pointe de l’avenue du Cap-aux-Diamants (photo #1 ci-bas) est un canon Blomefield de 24 livres. Il aurait peut-être été utilisé à la bataille de Bunker Hill (1775) pendant la guerre d’Indépendance américaine. Il n’a pas de lien direct avec une action militaire à Québec. Blomefield est le nom de Sir Thomas Blomefield, un officier d’artillerie britannique qui a grandement amélioré la qualité des canons à la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle.
Le canon situé à proximité de la tour Martello 1 était au départ monté sur la plateforme de la tour Martello 4. À l’origine, aucun canon n’était placé à l’extérieur des tours – ils étaient disposés sur l’étage supérieur de celles-ci qui n’était pas recouvert d’un toit.
Les sept pièces d’artillerie enlevées à l’armée allemande lors de la Première Guerre mondiale, située derrière le Manège militaire, ont été prises lors des célèbres victoires de Vimy en 1917 et d’Amiens, Arras et Cambrai en 1918. En 1926, la Direction des trophées de guerre a fait appel à la CCBN pour qu’elle les préserve et les mette en valeur. Elles avaient d’abord été dispersées sur les plaines d’Abraham avant d’être regroupées à leur emplacement actuel en 2018.
Les silhouettes d’arbres sont de beaux exemples de l’arboretum qui constitue le Jardin commémoratif du XIIe Congrès forestier mondial tenu à Québec en 2003. Les 28 espèces différentes représentent des arbres significatifs des provinces et territoires du Canada avec des essences de différents pays qui leur sont jumelées.