Vestiges de la maison Pinguet et du moulin Dumont
Les vestiges de la maison Pinguet et du moulin Dumont sont situés dans l'actuel parc des Braves. Les fouilles archéologiques effectuées sur le site ont permis de localiser divers types de fondation ainsi que des objets du XVIIe siècle, perdus ou abandonnés, qui forment une collection exceptionnelle de vestiges témoins des conditions de vie de quelques-uns des premiers habitants dans la banlieue de Québec.
La maison Pinguet
Situé dans l'actuel parc des Braves, deux types de fondation ont été dégagés à l'époque sur le site; de factures techniques différentes (pierre sèche et maçonnerie), ils témoignent de phases distinctes d’occupation du site. Les trois murs de fondation, sud, est et ouest, d’une petite maison, un peu déformés par la pression extérieure, réfèrent à un bâtiment carré de 3,6 mètres de côté, laissant un espace intérieur de moins de 10 mètres carrés. Ce logis était tout juste assez grand pour permettre à un défricheur de tenir feu et lieu sur sa concession. Il s’agirait vraisemblablement de celui du commis de traite Pierre Delaporte. Un mur de fondation en maçonnerie de gros blocs de pierre, partiellement dégagé, révèle l’édification d’une nouvelle maison, à partir des murs de fondation de la première; elle peut s’inscrire dans un rectangle de 8,0 x 5,2 mètres. Avec la construction d’un second ouvrage en brique dans le coin nord-est de l’agrandissement et l’intégration d’une canalisation, la demeure aménagée pour la famille d’Henry Pinguet peut être considérée comme une maison à deux chambres à feu et une chambre à eau. De nombreux vestiges d’ouvrages en bois, tous calcinés, mis au jour à l’emplacement des deux corps de bâtiment témoignent de leur destruction par un incendie.
Vestiges de la maison Pinguet et du moulin Dumont
S'y rendreLe moulin Dumont
Les vestiges de maçonnerie de forme circulaire, dégagés à l’est de la terrasse du parc des Braves, permettent d’établir une corrélation probante avec les termes des marchés de construction d’un moulin à tan à vent passés par Jean-Baptiste Dumont en 1747. Il ne faut pas s’étonner que le diamètre de 4,7 mètres, relevé à la base des vestiges de démolition, dépasse celui de 3,9 mètres mentionné au contrat de maçonne; avec une légère inclinaison de la tour en pierre de ce moulin vers le centre, il était normal d’établir la fondation sur une base un peu plus grande. Les seuls blocs laissés en place par les démolisseurs permettent d’établir l’épaisseur du mur à 0,94 mètre (3 pieds, mesure française), laissant un diamètre intérieur de 2,76 mètres, sans doute suffisant pour l’installation du « moulin à tan ». L’absence apparente de vestiges du côté ouest, sur une distance de 1,96 mètre (6 pieds, mesure française), pourrait correspondre à l’ouverture de la porte d’entrée du moulin.
Les artéfacts
Les fouilles archéologiques effectuées sur le site de la maison Pinguet et du moulin Dumont en 1993, 2010 et 2011 ont permis de mettre au jour des objets du XVIIe siècle, perdus ou abandonnés, qui forment une collection exceptionnelle de vestiges témoins du cadre et des conditions de vie de quelques-uns des premiers habitants dans la banlieue de Québec. Parmi les objets d’intérêt trouvés, notons un jeton de la Chambre des comptes de Bretagne, frappé en 1647, d’un batte-feu et d’une hache tomahawk. Les vestiges d’activités domestiques retrouvés sur le site de la maison Pinguet — pois, ossements de poissons, de volatiles et de mammifères ainsi que divers types de contenants en terre cuite reliés à l’alimentation — confirment, quant à eux, qu’il s’agit d’un bâtiment d’habitation. Bien que le quotidien du colon fût rythmé par les activités de subsistance, il n’en demeure pas moins qu’une petite part de coquetterie n’en était pas exclue, tout comme la spiritualité. Une médaille, des grains de chapelet et un petit crucifix en sont des témoins.
Histoire & Patrimoine
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